Trois mant'à l'eau s'il vous plaît !

Publié le par Cécile

 

 

 


  Mon sourire reste bloqué en position "ON" aujourd'hui : j'ai rendez-vous avec les mantas.

Je les ai déjà rencontrées l'an dernier mais je sais qu'elles m'offrent toujours un spectacle dont je ne peux pas me lasser. Seront-elles au rendez-vous ?

Deux heures de route sur le bateau de notre capitaine préféré et nous nous mettons à l'eau, excités et impatients, car nous avons vu ça et là quelques ombres passer ou ailes dépasser à la surface de l'eau.

Le plancton est suffisant par ici pour attirer nos gigantesques amies et leur offrir leur repas préféré. Nous palmons tranquillement, repérant les zones où le courant est plus important, où le plancton nous picote la peau et grésille à nos oreilles.

Bleu, le monde est bleu. Du bleu du ciel au dessus. Du bleu de la mer au dessous. Un bleu soutenu, intense, où filtrent en une danse lumineuse les rayons du soleil.

J'imagine les raies arriver à chaque ombre que dessinent les vagues. Patience. Attente. Confiance. Je ne peux que les rencontrer.

Soudain une grande ombre émerge de l'immensité, vaisseau tranquille, presque aérien. Sa gueule ouverte, de la taille d'un de mes enfants me terrifierait si je ne savais qu'elle ne sert qu'à filtrer le plancton. Elle s'avance vers moi en surface, dans une lente danse, élégante et majestueuse.

J'aperçois seulement alors que l'imposante créature noire est accompagnée de deux autres mantas, plus petites, qui la suivent en rang d'oignon, la seconde entre deux eaux et la troisième un peu plus profond encore. Elles m'ignorent comme trois princesses qui passeraient devant un badaud, et continuent leur chemin.

Cette fois-ci, l'intense mais trop court spectacle ne me suffit pas et me voilà derrière elles, à palmer pour qu'elles ne me sèment pas. A palmer, à palmer, à palmer. Je maintiens tant bien que mal le rythme de mes acolytes, au prix d'efforts intenses : j'ai chaud, je souffle dans mon tuba, mon coeur bat vite, je découvre l'étrange sensation de transpirer dans l'eau. Un battement d'aile pour 15 coups de palmes, la compétition est inégale mais je me maintiens dans leur palanquée. Au bout d'un long moment, comme pour me signifier que j'ai réussi l'épreuve-test, elles ralentissent leur rythme et se mettent à réaliser une danse devant moi, leur unique spectatrice. Chorégraphie variée, les voilà qui tournent et virent, me proposent tour à tour leur face noire ou leur face blanche, leur gueule ou leur queue. Je suis infiniment récompensée de mes efforts, j'assiste à un ballet d'oiseaux géants, je suis hypnotisée. Le bateau est bien loin de moi, petit point à l'horizon, et bien loin de mes préoccupations, aussi.

Puis il est temps pour elles de repartir, le spectacle est fini, je les accompagne encore quelques centaines de mètres puisqu'elles ont ralenti leur rythme et ont modifié leur disposition, comme pour m'inviter dans leur balade : la grande noire est toujours devant, mais les deux autres maintenant de chaque côté de moi. Je suis escortée par mes trois nouvelles amies marines, je fais partie de leur escadron.

Mon bonheur est total.

 

 

 

 

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Publié dans Bornéo - été 2011

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dom 13/09/2011 16:46



jolie prose qui nous plonge à tes cotés dans le grand bleu avec des yeux grands comme le monde ... si le juste équilibre fait souvent défaut sur terre, je reste persuadé que la vérité est dans le
fond